Incroyable !

Un match de foot a déclenché une guerre

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A priori, le football est un jeu… Pourtant, en juillet 1969, un match du “sport le plus populaire du monde” a déclenché une guerre sanglante, entre le Honduras et le Salvador. Lourde de près de 6000 morts, cette « guerre des 100 heures » avait, toutefois, des causes bien plus profondes qu’une simple rivalité sportive.

Plus que du football

L’Amérique latine est réputée pour être une “terre” où le football déchaîne les passions, parfois même jusqu’à la folie.

La guerre qui a opposé le Honduras au Salvador ajoute du crédit à cette analyse, même si le football est loin d’être la seule cause qui a motivé cet affrontement.

En effet, en 1969, alors que les deux pays centraméricains doivent s’affronter dans le cadre des qualifications pour le mondial – devant se dérouler au Mexique, un an plus tard – la situation politique du Salvador et du Honduras est bien particulière.

Les deux pays voisins sont, en effet, principalement centrés autour de leur secteur agricole et, au Honduras, près de 20 % des ouvriers ruraux sont salvadoriens.

Très dépendant des États-Unis d’Amérique, le marché local doit se (re)structurer en fonction des besoins du géant américain.

Ainsi, au cours de la même année, le président hondurien – Osvaldo Lopez Arellano – décide de céder une grande partie des terres cultivables du pays à une compagnie américaine, du nom de United Fruit Company (déjà propriétaire de 10 % des terres honduriennes).

Particulièrement touchés par cette réforme, 300 000 paysans salvadoriens doivent retourner – sans le sou – dans leur pays d’origine.

C’est dans ce contexte électrique que se déroule donc une série de matchs couperets, entre les deux nations.

Une situation devenue incontrôlable

Alors que des migrants salvadoriens sont persécutés par le groupe clandestin hondurien de “La Mancha  Brava”, les joueurs de “La Selecta” (le surnom de la sélection salvadorienne) doivent faire face à un assiègement de leur hôtel, une fois arrivés à Tegucigalpa.

Ainsi, après avec passé une nuit désastreuse, les joueurs salvadoriens s’inclinent finalement 1-0 en terre hondurienne.

À cette défaite déjà très mal vécue s’ajoute un sinistre fait divers. EN effet, accablée par la défaite de son équipe favorite, une jeune salvadorienne (de 18 ans) – du nom d’Amelia Bolaños – décide de se donner la mort.

Ce suicide est extrêmement médiatisé et donne lieu à un enterrement national… ainsi qu’à une intensification de la haine, du côté salvadorien.

À l’occasion du match retour, le drapeau du Honduras est donc brûlé dans le stade de San Salvador et remplacé par un chiffon déchiré. Remportée 1-0 par l’équipe locale, la rencontre donne finalement lieu à un match d’appui, se déroulant – sur terrain neutre – au Mexique.

Ce match couperet, la sélection salvadorienne le remporte sur le score de 3-2 (après prolongations)… mais l’essentiel est ailleurs, car les supporters des deux équipes commencent à en découdre à Mexico, ainsi qu’à la frontière de leurs deux pays.

En conséquence, l’armée du Salvador déclenche des frappes aériennes sur son voisin hondurien, le 14 juillet. Les ripostes ne se font pas attendre et le bilan atteint rapidement le nombre de 6000 morts (pour quelques milliers de blessés et près de 50 000 personnes délogées).

Négocié par l’Organisation des États américains (OEA), un cessez-le-feu officialise la fin du conflit, le 18 juillet 1969. Sur le terrain de la guerre, il ne pouvait y avoir que des perdants.

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