Histoire

Qu’est-ce que la révolte chinoise des “boxers” ?

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À la croisée du 19e et du 20e siècles, une crise de grande ampleur secoue la Chine. Connue sous le nom de “révolte des boxers”, une insurrection se dirige contre la domination occidentale qui étouffe alors “l’empire du Milieu”. Finalement déjouée, il s’agit de la première véritable révolte anti-coloniale en Chine, prélude à la Révolution de 1911.

Du milieu du XIXe siècle au début du siècle suivant, la Chine (gouvernée alors par la dynastie mandchoue Qing) connaît une très grave crise de gestion économico-politique.

Dépassé par les puissances européennes, elle subit de plein fouet les effets dévastateurs de l’importation d’opium et des guerres qui en découlent (1839 et 1856). De défaites en défaites, la Chine doit ouvrir ses ports aux flottes européennes et accepter la venue de missionnaires chrétiens sur son territoire.

Mais très refermé sur lui-même, l’empire chinois rejette en même temps toutes les innovations en provenance de l’extérieur, subissant ainsi une grande montée du conservatisme dans sa population.

Une situation qui contraste fortement avec celle du voisin nippon qui connaît une vraie phase de modernisation lui permettant de prendre ses quartiers en Chine.

Acculée, la société chinoise réagit.

Puisant dans sa longue tradition des sociétés secrètes, la société civile chinoise voit ainsi émerger cette révolte des “boxers”, nom donné par les occidentaux au mouvement des “Poings de la justice et de la concorde” (YìHéQuán en mandarin).

Pratiquant la boxe et maniant les armes blanches, les “boxers” ont initialement pour but de renverser la dynastie Qing (jugée trop faible pour gouverner) et chasser tous les occidentaux du territoire.
Parmi leurs premières cibles : les missionnaires qui convertissent les Chinois en jouant sur leur pauvreté (les convertis étaient appelés “les chrétiens du riz”) ainsi que toutes les technologies occidentales importées (parmi lesquelles les lignes de télégraphe et les voies de chemin de fer).

Bien qu’opposés au pouvoir en place, les combattants acceptent néanmoins de coopérer avec l’impératrice Cixi et de répondre à son appel en juin 1900, en envahissant les délégations et missions étrangères de Pékin et de Tianjin. Des prêtres et un ambassadeur trouvent la mort dans ce qui s’apparente aux prémices d’une guerre d’indépendance.

Prises au dépourvu, les puissances étrangères décident de réagir conjointement en mettant en place un corps expéditionnaire transnational composé d’Européens, de Russes, d’Américains et de Japonais.
Après 55 jours de combats, Tianjin et Pékin cèdent et repassent sous contrôle étranger, obligeant à la fuite de l’impératrice et de sa cour.

L’autorité de la dynastie Qing est ainsi complètement discréditée, tandis que le mouvement des boxers est anéanti.

Néanmoins, le conflit en appelle un autre et la Révolution de 1911 rencontrera un tout autre succès.

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