Histoire

Qu’est-ce que la “querelle des Anciens et des Modernes” ?

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La querelle des Anciens et des Modernes, également appelée “querelle des Classiques et des Modernes”, est une virulente polémique qui a agité l’Académie française ainsi que l’ensemble du monde littéraire et artistique hexagonal de la fin du XVIIe siècle.

Deux camps s’opposaient alors : les partisans d’une stricte reproduction des standards hérités de l’Antiquité gréco-romaine et les innovateurs, pour qui la littérature était un art vouée à briser les codes.

Les raisons de la querelle
La querelle des Anciens et des Modernes prend forme au sein de l’Académie française, tout juste fondée par le Cardinal de Richelieu en 1634.

C’est dans ce haut lieu de la culture française que les hommes de lettres que compte le royaume se questionnent sur des notions littéraires et artistiques. Faut-il toujours calquer les œuvres d’art sur les canons hérités de l’Antiquité ? L’époque de Louis XIV ne vaut-elle pas celle d’Auguste ? Voici, en substance, les débats qui agitent les érudits de l’époque.

Très rapidement, deux camps se détachent. D’un côté, les Classiques (parmi lesquels Jean de La Fontaine, La Bruyère et Nicolas Boileau) militent pour que la création littéraire continue à suivre scrupuleusement les normes héritées de l’Antiquité gréco-romaine (une période d’apogée de la création artistique, à leurs yeux). Ainsi, les pièces de théâtre doivent-elles être construites en 3 actes (en accord avec la vision aristotélicienne), tandis que toute œuvre se doit de respecter des règles de bienséance.

Dans l’autre camp, les Modernes, emmenés par Charles Perrault et Molière, sont pour l’innovation en matière artistique et refusent de calquer leurs œuvres sur celles des siècles précédents.
En outre, le français leur apparaît comme une langue aussi noble que le latin et le grec.

Déroulement et conséquences
La querelle éclate véritablement en 1687, lorsque Charles Perrault fait la présentation de son poème “Le siècle de Louis le Grand” devant l’Académie française. Dans celui-ci, l’auteur fait une éloge du siècle de Louis XIV, au détriment de celui d’Auguste.

Il n’en faut pas plus pour créer de vifs remous au sein de l’Assemblée et donner naissance à un débat qui ne s’apaisera qu’en 1694, année où Boileau et Perrault feront un pas vers la réconciliation.

Néanmoins, le débat subsiste et une querelle similaire opposera Houdar de La Motte et Anne Dacier en 1714. Peu après, ces oppositions entre Anciens et Modernes alimenteront de manière continue des mouvements aussi cruciaux que celui des Encyclopédistes ou le courant du romantisme, au point de se demander si cette querelle n’est pas vouée à se répéter de génération en génération.

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