Histoire

Qu’est-ce que le projet Blue Peacock ?

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Très inquiet à l’idée de se faire envahir par l’Union soviétique, le Royaume-Uni a brièvement planifié une opération pour le moins atypique. Le projet Blue Peacock consistait en effet à dissimuler des mines nucléaires dans les plaines d’Allemagne du Nord, pour les déclencher à distance après qu’elles aient été couvées par des poules.

Une terrible inquiétude
Alors que la Seconde Guerre mondiale est terminée depuis près de 10 ans, l’Europe vit au rythme de la guerre froide, tiraillée le long d’un “rideau de fer”, selon les termes employés par Winston Churchill lui-même.

Encore secoué par les tentatives d’invasions nazies opérées au cours du dernier conflit, le Royaume-Uni redoute particulièrement une action similaire de la part de l’Union soviétique.

C’est ainsi, qu’en 1954, le Royal Armament Research and Development Establishment travaille à l’élaboration d’une arme redoutable, censée annihiler les déplacements éventuels de l’armée soviétique.

Ce projet porte successivement les noms de code “Brown Bunny”, “Blue Bunny” puis “Blue Peacock” et consiste en la combinaison d’une mine et d’une ogive nucléaire.

La planification d’un projet fou
Les mines, basées sur la bombe Blue Danube, prennent la forme de cylindres métalliques de deux mètres de diamètre pesant un peu plus de 7 tonnes.

Elle sont censées être enterrées à 10 mètres de profondeur et produire une détonation de 10 kilotonnes (soit la moitié de la puissance de la bombe de Hiroshima) une fois activées.

Le cas échéant, un cratère de 195 mètres de diamètre se creuse à partir de l’épicentre de la détonation, tandis que des retombées radioactives commencent à faire leur effet. L’état-major britannique envisage donc d’enterrer les mines dans les plaines d’Allemagne du Nord, puis à les activer à distance en cas d’avancées soviétiques dans le secteur.

Très rapidement, plusieurs problèmes se posent néanmoins aux yeux des chercheurs travaillant sur le projet. Premièrement, le froid de l’hiver fait craindre un éventuel enrayement du mécanisme.
Dans un premier temps, les ingénieurs pensent à faire couver les mines par des poules qu’ils introduiraient dans le dispositif pendant une semaine; une durée suffisante pour une éventuelle opération planifiée juste avant une invasion de troupes en marche.
Néanmoins cette solution semble bien trop hasardeuse et dissuade rapidement l’état-major britannique de recourir à l’utilisation de ces mines.

Leur conviction se renforce lorsqu’ils évaluent que les retombées radioactives contamineraient durablement un pays allié (l’Allemagne de l’Ouest) ainsi que tous ses voisins, les ondes n’étant pas maîtrisables. Ainsi, la méthode semble bien trop radicale et dangereuse pour pouvoir être véritablement éthique et efficace.

En fin de compte, malgré 10 modèles de mines Blue Peacock commandés par les forces armées britanniques, le Royaume-Uni décide, en 1958, de mettre fin à ce projet qui, de nos jours, pourrait presque ressembler à un canular.

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