Histoire

Qu’est-ce que la “ligne P” ?

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Si la France a eu la ligne Maginot, l’Allemagne la ligne Siegfried, et l’Italie son mur des Alpes, l’Espagne n’a pas été en reste, puisque, pour se prémunir des incursions étrangères, Franco avait imaginé la construction de la ligne P (pour “Pyrénées”, mais également appelée “ligne Gutierrez”, du nom de son concepteur).
Bâtie entre 1940 et 1947, cette barrière défensive a toutefois été laissée à l’abandon dès les années 80.

Les motivations d’une entreprise conséquente

Alors que la Seconde Guerre mondiale démarre, Franco essaie de maintenir la neutralité de l’Espagne dans ce conflit.

Néanmoins, cet effort est régulièrement mis à mal par le gouvernement allemand qui pousse pour un engagement espagnol aux côtés des forces de l’Axe. Cette pression nazie se matérialise par l’entretien d’Hendaye (1940), au cours duquel Hitler et ses généraux rencontrent l’état-major espagnol, à la frontière franco-ibérique.

Toutefois, si Franco réussit à négocier un très faible engagement militaire de la part de ses troupes, il craint l’accroissement des ambitions allemandes qui pourrait mener les nazis à envahir son territoire, en vue d’atteindre Gibraltar et l’Afrique du Nord.

Afin de contenir de telles manœuvres militaires, le régime espagnol démarre donc la construction d’une ligne défensive le long des Pyrénées. Nommée “ligne P”, celle-ci se compose de près de 5000 bunkers s’étalant de la zone d’Hendaye au Cap de Creus.

Des bunkers finalement laissés à l’abandon

Au total, plus de 12 000 hommes (venant majoritairement des Asturies) sont employés sur les chantiers de cette ligne.

Du côté de l’architecture, la ligne P est divisée en 169 centres de résistance, comprenant chacun une cinquantaine de bunkers. Chaque centre est censé abriter entre 400 et 500 soldats, présents pour monter la garde et intervenir immédiatement en cas d’incursion ennemie.

Néanmoins, avec la fin de la guerre et les changements géopolitiques induits par la bipolarité mondiale, la ligne P se retrouve fatalement inutile.

Ainsi, encore entretenus dans les années 60, les bunkers tombent finalement en désuétude et finissent par servir de cachettes ou de bergeries.

Un épilogue cocasse pour des remparts dont les Espagnols actuels ont tout simplement oublié l’existence.

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