Histoire

Qu’est-ce que l’affaire Calas ?

cal

S'abonner au podcast
Dans un contexte tendu, marqué par des conflits interreligieux, l’affaire Calas fait l’effet d’un véritable scandale dans la France du XVIIIe siècle. Accusé à tort d’avoir tué son fils, pour l’empêcher de se convertir au catholicisme, le huguenot Jean Calas se voit, en effet, condamné à mort en pleine période de répression du protestantisme. Une injustice dont se saisit Voltaire, pour publier un “Traité sur la tolérance”.

Les faits
Près d’un siècle après la promulgation de l’Édit de Fontainebleau (1685), révoquant celui de Nantes, les protestants se retrouvent de nouveau dans la tourmente et doivent, pour beaucoup d’entre eux, se convertir au catholicisme.

Si de nombreux huguenots s’exilent pour vivre leur religion en toute liberté, certains choisissent malgré tout de rester vivre en France. C’est le cas de la famille Calas, dont le père, Jean, est marchand d’étoffe dans la ville de Toulouse.

Ainsi, rejetés par le reste de la population, les protestants vivent déjà des heures difficiles, lorsque Jean Calas découvre le corps de son fils mort étranglé, des suites d’un suicide.

Afin d’éviter à sa famille le déshonneur public, le père Calas décide alors de maquiller la mort de son fils en meurtre. Il n’en faut pas plus pour que les médecins légistes, puis le reste de la population toulousaine, pensent que Jean Calas a assassiné son fils parce qu’il s’était converti au catholicisme.
C’est le début du calvaire pour le père de famille huguenot, lequel ne réussit pas à être acquitté, malgré l’aide de son avocat Loyseau de Mauléon, un ami de Jean-Jacques Rousseau.

Voltaire prend position
Condamné à mort, Jean Calas subit, en prime, d’atroces séances de torture au cours desquelles il est roué, étranglé puis brûlé vif.

Également mise en cause, le reste de sa famille ne subit pas les mêmes supplices, mais se trouve tout de même disloqué, les deux filles du couple étant enfermées dans un couvent.

Condamné à l’exil, l’un des fils, Pierre Calas, décide immédiatement de se rendre à Genève pour y rencontrer Voltaire. C’est à cette occasion qu’il lui raconte l’histoire de son père, injustement condamné à mort. Déjà très anticlérical, le philosophe français n’est pas pour autant animé par un amour pour la Réforme, mais finit par se laisser convaincre par la justesse de la cause. De ce fait, Voltaire publie, un an après la mort de Jean Calas, le “Traité sur la tolérance” (1763) dénonçant tous les fanatismes religieux.

Cet ouvrage médiatise grandement l’affaire Calas et permet à la famille d’obtenir un entretien avec Louis XV. Dès lors, le procès de Jean Calas se voit révisé, avant de déboucher sur une réhabilitation du condamné à mort, en 1765.

Bien plus qu’une simple affaire politique, le procès de Jean Calas est le premier événement judiciaire français dans lequel s’investit publiquement un homme de lettres.
Un engagement qui portera ses fruits, un siècle plus tard, avec l’adoption du principe de liberté de culte sur tout le territoire français.

Commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Facebook

Newsletter

To Top

Le livre des 500 Choses à Savoir absolument est disponible !

livre