Histoire

Qu’est-ce que la guerre secrète du Laos ?

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De 1964 à 1973, le Laos reçoit près de 2,5 millions de tonnes de bombes américaines sur son territoire. Théâtre des opérations d’une “guerre cachée” visant à empêcher l’expansion du communisme en Asie, cette petite nation située dans le voisinage du Vietnam et de la Thaïlande est tout simplement le pays le plus bombardé de l’histoire; avec pour moyenne une bombe larguée toutes les 8 minutes, sur une durée de 9 ans.

Les motivations d’une guerre passée sous silence
Alors que la guerre du Vietnam bat son plein, un autre conflit complètement méconnu implique un pays voisin. Depuis 1952, le Laos est en effet secoué par des troubles causés par la prise du pouvoir du Pathet Lao, un mouvement indépendantiste progressivement rattaché à l’idéologie marxiste.

Dans ce contexte de guerre froide, les États-Unis voient immédiatement le Laos comme un pays à neutraliser, dans le but d’éviter une prolifération de l’idéologie communiste en Asie. C’est ainsi que dès 1964, le géant américain entreprend une politique de bombardements massifs de la région, visant à éviter une collusion du Pathet Lao avec le Nord-Vietnam.

Cette guerre, relativement confidentielle, marque également l’ascension de la CIA en tant qu’organisation paramilitaire. Jusque là cantonnée dans le rôle de la collecte d’informations stratégiques, l’agence américaine se concentre dès lors sur la formation et l’approvisionnement de tribus montagnardes Hmongs qu’elle envoie lutter contre les armées communistes voisines.

Au total, un contingent de quelques dizaines de milliers de Hmongs est commandé sur le terrain par des centaines d’agents américains travaillant pour le compte de la CIA.

Déroulement des opérations et bilan
Alors que les Américains comptent sur les Hmongs pour aimanter des soldats nord-vietnamiens sur un nouveau front, les armées communistes finissent par gagner du terrain et à chasser les États-Unis de leur territoire, en 1975.

Les Hmongs qui avaient réussi à prendre le contrôle de zones méridionales du Laos, en 1966, doivent ainsi quitter leur pays par dizaines de milliers.

La guerre du Laos affiche alors un bilan très lourd de 200 000 morts (10 % de la population laotienne), dont 50 000 causés par les bombardements et 30 000 Hmongs ayant péri au front.

Néanmoins, malgré sa défaite dans le conflit vietnamien, le camp américain perçoit la “guerre secrète” comme un relatif succès, celle-ci ayant permis de disperser une grande partie des forces nord-vietnamiennes sur un nouveau front (près de 70 000 soldats vietnamiens auraient été engagés le long de la frontière laotienne).

Dans la région, le souvenir du conflit reste toutefois très douloureux, et ce, d’autant plus que près de 30 % des bombes larguées dans la zone n’ont toujours pas explosé.

Malgré les opérations de déminage, celles-ci continuent à tuer en moyenne 40 personnes chaque année, amenant désormais les États-Unis à se replonger dans leurs agissements passés.

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