Histoire

Qu’est-ce que la “Guerre d’Hiver” ?

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En prélude à la Seconde Guerre mondiale, un conflit relativement méconnu a opposé la vaste Union soviétique à la modeste Finlande. Conséquence directe du Pacte germano-soviétique, cette guerre instiguée par une URSS avide de territoires occidentaux n’a pas été aussi expéditive que ne l’espérait l’état-major russe. En effet, contre tout attente, l’armée finlandaise donna beaucoup de fil à retordre à l’Armée rouge.

Un conflit asymétrique
Indépendante depuis 1917, après plus d’un siècle de domination russe, la Finlande entretient des relations plutôt tendues avec la toute nouvelle Union soviétique.

En effet, cette dernière considère le gouvernement finlandais comme étant un “pouvoir bourgeois” et appuie ostensiblement les mouvements communistes locaux, à l’occasion de la tentative d’instauration d’une “république populaire”, en janvier 1918.

Toutefois, ce putsch échoue et bon nombre de combattants communistes doivent s’exiler en Russie.
Par la suite, avec l’émergence de mouvements autoritaires européens, Moscou se méfie de plus en plus d’une Finlande rebelle, située à seulement 32 kilomètres de Leningrad.

Cette situation mène, dans un premier temps, les Soviétiques à privilégier la carte de la négociation avec leur dissident voisin. Ainsi, les deux parties signent-elles un pacte de non-agression en 1932, avant de le reconduire pour une durée de 10 ans en 1934.

Néanmoins, l’approche de la guerre change les plans de l’URSS qui, suite à la signature du Pacte germano-soviétique en 1939, use d’une clause secrète pour mettre la Finlande dans sa “zone d’influence”.
Ainsi, alors que la Finlande est prête à négocier un échange de territoires frontaliers, Staline décide d’attaquer sans même prendre la peine de déclarer la guerre.

Face à la redoutable Armée rouge (ses 1500 avions, ses 1500 tanks et ses 400 000 hommes) s’érige une modeste armée finlandaise (forte de seulement 265 000 hommes, 270 avions et 26 tanks) dans ce qui s’annonce être une guerre de très courte durée.

Déroulement de la guerre et conséquences
Contrairement à ce qui était prévu, l’Armée rouge fait face à une farouche résistance de la part de la population et des soldats finlandais.

Prenant le parti de mener une guérilla au puissant occupant, les plus ingénieux d’entre eux inaugurent même une nouvelle arme artisanale, laquelle inflige beaucoup de dégâts aux blindés : le cocktail Molotov.

Du côté soviétique, les purges staliniennes ont causé beaucoup de lacunes au sein de l’état-major et les résultats s’en ressentent sur le champ de bataille.
Ainsi, en quatre mois de combats, pas moins de 391 800 soldats russes meurent au front tandis que les pertes finlandaises ne s’élèvent qu’à 22 830 hommes.

Néanmoins, malgré cette débâcle, la loi du nombre finit par l’emporter et les Finlandais se voient contraints de signer l’armistice, le 12 mars 1940, pour ce qui prend la forme d’une victoire à la Pyrrhus du côté soviétique.

Toutefois, si la Finlande doit céder des territoires (dont l’historique Carélie) à l’URSS, sa prestation militaire impressionne et remet sérieusement en cause la réputation de l’Armée rouge.

Des raisons qui pousseront les protagonistes à récidiver seulement un an plus tard, dans le cadre de la guerre de Continuation.

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