Histoire

Pourquoi la peine de mort ne fut pas abolie plus tôt en France ?

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Officialisée le 18 septembre 1981, l’abolition de la peine de mort aurait pu être entérinée bien avant par la République française. En effet, en 1907, tout concourait à l’adoption d’une telle mesure, mais une sombre affaire criminelle mêlant le meurtre et le viol d’une fillette de 11 ans a complètement inversé la tendance.

La peine de mort remise en question

Question éthique longuement débattue au sein des démocraties occidentales, la peine de mort a agité la vie politique française, au début du XXe siècle.

En effet, à cette époque, la France pouvait sembler en retard par rapport à ses voisins européens qui avaient, pour la plupart, aboli la peine capitale (les Pays-Bas en 1870, l’Italie en 1889, etc.).

L’élection d’Armand Fallières comme président de la République française (en janvier 1906) représente, toutefois, une lueur d’espoir pour les abolitionnistes. L’ancien avocat porté à la fonction suprême est – il est vrai – connu pour être un fervent opposant aux exécutions et s’est déjà illustré pour avoir gracié de nombreux prisonniers condamnés à l’échafaud.

Dans son combat, le président français peut également compter sur le soutien de l’Assemblée nationale (constituée à 70 % de radicaux et de socialistes, traditionnellement abolitionnistes).

Ainsi, à l’aube de l’année 1907, tout semble concourir à la promulgation d’une loi historique mettant fin à l’exercice de la peine de mort.

L’affaire Soleilland

Alors que la voie semble libre pour les abolitionnistes, un sombre fait divers vient tout faire basculer au début de l’année 1907.

D’abord portée disparue, une fillette du nom de Marthe Erbelding est finalement retrouvée morte dans un casier de la consigne de la gare de l’Est (à Paris), après que son tortionnaire soit passé aux aveux devant des officiers de police.

“Violée, étranglée puis poignardée au cœur par Albert Soleilland” : tel est le martyre qui émeut la société française de l’époque.

Ainsi, une foule révoltée (de 50 000 à 100 000 personnes) se réunit à l’occasion de son enterrement, pour réclamer l’exécution de l’assassin que l’institution judiciaire prévoit d’envoyer au bagne (où il mourra, dans une relative indifférence, en 1920).

Dans un contexte aussi tendu, le Parlement renonce alors à élaborer un texte abolissant la peine capitale.

Il faudra finalement attendre l’année 1981 – et une loi portée par Robert Badinter – pour que l’abolition de la peine de mort soit officiellement adoptée par la justice française, dans un contexte politique bien plus apaisé.

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