Histoire

Qui est Paul Grappe, le déserteur travesti ?

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1915, alors en plein cœur de la guerre, un soldat réussit à déserter le front pour échapper à une mort qu’il entrevoit comme certaine. Sa méthode n’est pas anodine, puisqu’il se déguise en femme pour passer inaperçu. Une idée qui bouleversera à jamais le reste de son existence.

Le déserteur
Mariés depuis 1911, les jeunes Paul Grappe et Louise Landy doivent se séparer au début de la Première Guerre mondiale.

Le Parisien est, en effet, envoyé au front dans les Ardennes. Le conflit y fait des ravages et ses camarades de tranchée meurent les uns après les autres.
Paul souffre lui aussi puisqu’il est victime d’une blessure à la cuisse, le 31 août 1914, avant de subir l’ablation de deux phalanges deux mois plus tard.

À compter de cet instant, le soldat passe des mois à l’infirmerie, au grand dam de son capitaine, lequel lui intime l’ordre de retourner au front.
Excédé, Paul décide alors de déserter, le 19 mai, pour retrouver Louise en plein Paris.

Afin d’échapper à la peine de mort, il se cache avec sa compagne chez leurs parents respectifs.
Néanmoins, sa présence en ville attise les soupçons et des policiers se rendent chez lui à trois reprises, sans pour autant réussir à l’interpeller. Paul doit alors trouver un subterfuge pour se camoufler.
Transformations et déchéance
Sur les conseils de Louise, Paul décide de se travestir en femme. Sa menue corpulence lui permet en effet de rendre l’illusion parfaite, moyennant une nouvelle garde-robe et un peu de maquillage.

À la ville, l’homme devient ainsi “Suzanne Landgard” et décide, à la fin de l’année 1915, de s’installer avec Louise dans le 16ème arrondissement de Paris, non loin du bois de Boulogne.

La nuit, la prostitution y bat son plein et “Suzanne” finit par se prendre au jeu. Accompagnée de Louise, “la jolie Suzy” prend part à de nombreuses orgies et gagne même sa vie en se prostituant.

Toutefois, le 3 janvier 1925, l’État promulgue une loi qui amnistie tous les déserteurs, ce qui convainc Paul de se rendre au commissariat, pour régulariser sa situation.
C’est alors le début d’une petite notoriété qui lui attire des marques de sympathie comme de défiance, de la part de la population parisienne.

Sur le plan identitaire, l’homme ressort chamboulé de dix ans de travestissement et ne sait plus qui il est vraiment. Encore vagabond, il passe ses nuits sur les bords de la Marne et boit beaucoup, à en devenir alcoolique.

Bien que père d’un petit garçon, Paul a également des accès de violence et bat souvent son épouse. Un soir, le 28 juillet 1928, c’est la gifle de trop : Louise l’abat avec un pistolet. Elle se constitue prisonnière dans l’heure, mais perd dans le même temps son fils d’une méningite.

Prise en pitié par l’opinion, elle finit par être acquittée en 1929, avant de se remarier avec un homme plus stable, bien loin des tumultes du monde parisien de la nuit.

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