Histoire

Pourquoi le noir est la couleur du deuil ?

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Si aujourd’hui le noir semble être la couleur de la mort par excellence – du moins en Occident – son usage pour marquer le deuil ne date que d’il y a quelques siècles.

En effet, c’est la reine de France Anne de Bretagne qui semble avoir popularisé ce code vestimentaire, en référence à l’austérité et au dénuement des paysans de sa terre d’origine.

Un code popularisé par la royauté française

Le port du deuil est un trait anthropologique que l’on retrouve dans les sociétés humaines du monde entier. Les codes qui y sont associés évoluent, néanmoins, selon les lieux et les époques.

Ainsi, jusqu’au XVIe siècle, la couleur du deuil était encore le blanc, dans la plupart des cours européennes ; un héritage des toges portées par les personnalités influentes de l’Antiquité grecque et romaine, à l’occasion des cérémonies funéraires.

Il faut attendre Anne de Bretagne – épouse du roi Charles VIII – pour que des vêtements noirs fassent leur apparition, à l’occasion de l’enterrement d’un membre de la haute société occidentale.

Marquée par l’austérité des vêtements portés par les paysans bretons, la reine de France exige, en effet, que toutes les personnes présentes aux obsèques de son premier enfant (1495) soient vêtues de la couleur sombre.

La Bretonne enfonce le clou lors de l’enterrement de son époux, quelques années plus tard, en étant la première reine à rompre la tradition du deuil en blanc pour un monarque, au sein des cours européennes (la tradition voulait, par ailleurs, que les rois portent le deuil en violet ou en pourpre).

Par la suite, Catherine de Médicis, Marie de Médicis et Anne d’Autriche suivront la mode et le noir s’imposera peu à peu comme la couleur du deuil, notamment dans les contrées méditerranéennes où il est traditionnellement associé aux ténèbres.

Le deuil à travers le monde

Si, aujourd’hui, le noir nous semble être naturellement la couleur adaptée au deuil, cela n’a rien d’une évidence pour tout le monde.

En plus d’avoir été adopté par les Européens de l’Antiquité, le blanc est toujours de rigueur au sein des sociétés hindoues et bouddhiques, où la couleur diaphane est associée à la pureté de l’âme et au repos éternel.

Les tribus papoues et aborigènes font un constat similaire en s’enduisant le visage et le corps d’une boue blanchâtre (prenant parfois la forme de segments dessinant le motif d’un squelette sur le corps); un teint censé symboliser la pâleur du défunt auquel il est rendu hommage.

Finalement, alors qu’il représente la pénombre et le malheur, le noir a peut-être séduit les Européens parce qu’il contrastait, justement, avec la relative pâleur de leur épiderme.

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