Histoire

Qui est Nelly Martyl, de l’Opéra-comique aux tranchées ?

martyl

S'abonner au podcast
Illustre soprano de l’Opéra-Comique, Nelly Martyl connaît un véritable tournant dans sa vie durant la Première Guerre mondiale. En effet c’est au cours de ce conflit qu’elle entonne des chants de guerre et des récitals auprès des troupes françaises dans les tranchées.

Connue par le Tout-Paris de l’avant-guerre, la jeune soprano Nelly Martyl (Nelly Martin à la ville) officie régulièrement à l’Opéra-Comique, où elle chante du répertoire classique.

Sa carrière connaît toutefois un brutal tournant en 1914, lorsque l’opéra ferme dès l’entrée en guerre de la France. Nelly Martyl s’engage alors à la Croix-Rouge et suit son mari Georges Scott, alors correspondant de guerre et peintre aux armées.

C’est durant ce périple qu’elle découvre les atrocités du front, qu’elle contemple de près en assurant un poste de directrice de salle à l’hôpital Necker. Au printemps 1915, son aventure continue lorsqu’elle accepte de suivre son époux dans les tranchées d’Artois qu’il a pour mission de peindre. C’est à cette occasion qu’elle donne son premier récital, au début de l’automne, à l’attention des soldats victimes d’une attaque au gaz.

Parallèlement, elle aide un sous-officier, gravement blessé, à se rendre jusqu’à une ambulance à Neuville-Saint-Vaast. L’homme succombe finalement à ses blessures, mais Nelly Martyl fait en sorte qu’il obtienne une digne sépulture dans un cimetière militaire.

Mais c’est en 1916 qu’elle devient vraiment la diva des tranchées. Elle assure d’abord un tour de chant sur le “théâtre du front”, à l’instigation de son mari, puis chante aussi en mémoire des soldats tués du 4ème régiment de zouaves et de la 133ème division.

En mai, l’armée française veut reprendre le fort Douaumont, situé à proximité de Verdun. Nelly Martyl intervient alors pour galvaniser les troupes, en interprétant “la Marseillaise” et “En passant par la Lorraine” devant la 133ème division (surnommée “la Gauloise”) du général Passaga.

Elle reçoit, à cette occasion, le grade de caporal honoraire et celui de caporal de clairon du 4ème régiment des zouaves, comme premières récompenses.
Très appréciée pour sa passion et son engagement qui galvanisaient les troupes, la “fée des chasseurs” du 116ème bataillon, reçoit encore de nouvelles distinctions au gré de ses récitals, parmi lesquelles plusieurs Croix de guerre.

Elle termine son parcours par des interventions au Chemin des Dames et en Champagne, où elle reçoit le titre de “Française d’élite”, accompagné d’une cinquième Croix de guerre. L’armistice signée, elle rentre à Paris où elle est copieusement applaudie à chaque représentation, auréolée d’une notoriété nouvelle.

Commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Facebook

Newsletter

To Top

Le livre des 500 Choses à Savoir absolument est disponible !

livre