Histoire

Qui est Louise de Bettignies du réseau d’espionnage “Ramble” ?

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Fille d’une famille de l’aristocratie picarde, Louise de Bettignies mène littéralement une double vie au cours de la Première Guerre Mondiale, en créant un réseau d’espionnage nommé “Ramble”. C’est en le chapeautant qu’elle rend de fiers services aux alliés.

La constitution du réseau
À l’orée de la Première Guerre mondiale, Louise de Bettignies n’est aux yeux du monde qu’une femme de 35 ans, polyglotte et préceptrice à ses heures, pour le compte de riches familles italiennes et bavaroises.

Issue d’une famille aristocrate, elle vit néanmoins sans le sou mais animée par un farouche esprit d’indépendance. La Grande Guerre révélera au grand jour ce tempérament aventurier car, en plus d’être Louise à la ville, la demoiselle est aussi Alice Dubois pour les services secrets britanniques.

Approchée par l’Intelligence Service en février 1915, elle commence à faire transiter des messages entre Lille et l’Angleterre. Le but ? Renseigner les forces alliées sur les positions et l’organisation de l’armée allemande sur le front du Nord.

Louise de Bettignies reçoit ainsi une formation pour écrire des messages codés et se grime constamment pour échapper aux services de contre-espionnage ennemis. Le réseau d’informateurs qu’elle coordonne finit par atteindre les 80 personnes et regroupe de nombreux travailleurs itinérants que sont les cheminots, les contrôleurs, les prêtres ou encore les médecins.

Principalement postée en Belgique, elle œuvre alors avec son acolyte Marie-Léonie Vanloutte (autrement appelée Charlotte Lameron) pour faire passer les messages de la France à l’Angleterre, en passant par les Pays-Bas.

Arrestation et démantèlement
Le réseau “Ramble” (également nommé réseau “Alice”) est principalement actif du printemps à l’automne 1915. Son importance est cruciale, car c’est grâce à lui que les forces alliées apprendront que l’état-major allemand prévoyait de concentrer ses efforts sur la bataille de Verdun.

Cernées par le contre-espionnage allemand, Charlotte et Louise finissent néanmoins par être arrêtées en mars 1916. Elles sont alors emprisonnées dans un camp de travail, où Louise se montre récalcitrante. Transférée à l’isolement à Siegburg en 1917, elle y contracte une pleurésie et n’est opérée que grâce à l’intervention du roi d’Espagne Alphonse XIII.
Les conditions d’hygiène sont néanmoins déplorables et la conduisent à la mort par épuisement, le 27 septembre 1918.

Unanimement saluée pour son héroïsme, elle est décorée à titre posthume de la Croix de guerre avec palme, de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre britannique ainsi que du titre d’Officier de l’Empire britannique. Enterrée en 1920, celle que l’on surnomme la “Jeanne d’Arc du Nord” repose désormais dans sa ville natale de Saint-Amand-les-Eaux.

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