Histoire

Quelle est l’origine de la croix gammée nazie ?

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Symbole difficilement dissociable du nazisme, la croix gammée évoque encore aujourd’hui les effrois de la Seconde Guerre mondiale.

Pourtant, initialement, cette croix aux branches coudées n’est qu’un signe bénéfique d’origine très ancienne, présent dans bon nombre de civilisations asiatiques ; notamment dans la religion hindoue, où elle est connue sous le nom de “svastika”.

Un symbole plurimillénaire

Bien avant sa récupération par les idéologues nationaux-socialistes allemands, la croix gammée a d’abord été un symbole de bon augure utilisé par les humains depuis, au moins, le néolithique, il y a plusieurs milliers d’années.

Orientée dans différents sens et agrémentée de plusieurs motifs, celle-ci semblait d’abord symboliser une roue solaire évoquant l’éternité, avant de prendre, au fil des siècles et des migrations, d’autres significations.

En effet, au cours de l’histoire, la croix gammée a considérablement voyagé, passant de représentations sur des poteries mésopotamiennes à des apparitions sur des mosaïques grecques et des monuments indiens, chinois, ou encore japonais.

C’est chez les peuples de religion hindoue que cette croix coudée prit le nom de “svastika”
(signifiant littéralement “vie heureuse” ou “porte-bonheur” en sanskrit) et fut utilisée comme élément décoratif dans les épopées écrites du “Rãmãyana” et  du “Mahãbhãrata” (au IIIe siècle avant Jésus-Christ).

Encore connotée très positivement dans ces régions orientales du globe, la svastika continue même à symboliser la présence de temples bouddhistes, sur les cartes de Google Maps.

La récupération nazie

Passablement oublié en occident, le symbole refait son apparition, sous une nouvelle forme, à la fin du XIXe siècle, en Allemagne.

Au début des années 1870, l’archéologue Heinrich Schliemman fait, en effet, la découverte de nombreuses svastikas, lors de ses recherches menées en Asie Mineure pour découvrir le site de Troie.
L’évènement fait alors écho aux trouvailles ramenées de sites archéologiques scandinaves, où se trouvaient également plusieurs représentations de ce symbole.

Une aubaine pour les milieux nationalistes allemands qui se saisissent immédiatement de ces nouvelles pour alimenter leur théorie sur la primauté de la “race nordique” qui aurait enfanté toutes les grandes civilisations du globe.

Rapidement, les idéologues suprémacistes élaborent, ainsi, une histoire fantaisiste où les “germano-aryens” auraient anciennement conquis de nombreux territoires et légué leur génie aux peuples du monde ; la croix gammée étant, alors, une des preuves de leur passage dans toutes ces contrées.

Avec la montée du national-socialisme et l’arrivée de Hitler au pouvoir, l’idéologie nazie se structure et la svastika prend une forme particulière.

Penchée à 45° sur un disque blanc (symbolisant “la pureté de la race aryenne”), placé sur un fond rouge (pour “les convictions socialistes du parti”), la croix gammée, noire, est désormais facilement reproductible dans de grandes quantités et représente un symbole extrêmement frappant pour les masses.

Utilisée pour représenter le IIIe Reich – dès 1935 et les lois de Nuremberg – elle devient, dès lors, indissociable du régime hitlérien.

Une connotation qui la rend, encore aujourd’hui, taboue au sein de la plupart des sociétés occidentales.

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