Histoire

Pourquoi le footballeur Oscar Heisserer est resté célèbre ?

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International français, Oscar Heisserer est un footballeur alsacien qui a marqué l’histoire de sa sélection, aussi bien d’un point de vue sportif que moral. En effet, celui qui, encore aujourd’hui, est considéré par beaucoup d’observateurs comme le meilleur joueur alsacien de tous les temps a toujours refusé de jouer sous la bannière nazie, fusse-t-il au péril de sa vie.

Un footballeur de talent

Né le 18 juillet 1914 dans le village alsacien de Schirrhein (faisant alors partie de l’empire allemand), Oscar Heisserer est très tôt passionné par un jeu qui ne cesse de prendre de l’ampleur en Europe : le football.

C’est à Bischwiller – une ville voisine de son lieu de naissance – que le jeune alsacien fait ses classes, dans le club local. Très vite, toutefois, le Racing Club de Strasbourg (qui est déjà le club phare de la région) le repère et le recrute, en 1934.

Particulièrement habile balle au pied, le meneur de jeu (international français depuis 1936) séduit le Racing Club de Paris – un des clubs phares de l’hexagone – où il signe en 1938.

Avec sa nouvelle équipe, Heisserer garnit son palmarès – en gagnant la Coupe de France coup sur coup, en 1939 et 1940 – et engrange de nouvelles capes avec l’équipe de France, dont il devient même capitaine.

Ainsi, lors de la Coupe du Monde 1938 (organisée en France), Oscar Heisserer est un des joueurs majeurs de l’équipe qui se fait éliminer en quart de finale (il est même l’unique buteur français du match).

La résistance passive

Alors à l’apogée de son art, le footballeur est malheureusement rattrapé par les aléas de son époque ; en l’occurrence, ceux de la Seconde Guerre mondiale qui débute en 1939.

Ainsi, Oscar Heisserer est appelé sous les drapeaux et assiste, de l’intérieur, à la débâcle de l’armée française.

Désormais sous le commandement du Gauleiter Robert Wagner (dès juin 1940), l’Alsace subit alors une politique de germanisation forcée qui change considérablement le paysage de la région.

Oscar, quant à lui, est privé de son statut de joueur professionnel et gagne sa vie en tant que gérant de débit de bar tabac.

Toutefois, la propagande nazie – friande de vedettes en tout genre – n’apprécie guère la retraite du prodige alsacien.

Approché par les autorités allemandes, Oscar reste toutefois inflexible et refuse systématiquement de jouer pour le Sportgemeinschaft SS Strassburg. Mieux encore, au cours d’un derby opposant le Racing Club de Strasbourg à son homologue nazi, Oscar marque même un but qui mène son équipe à une large victoire (3-0, en décembre 1940).

Porté en triomphe par la foule, la suite du parcours d’Oscar n’a toutefois rien d’un long fleuve tranquille.
En effet, finalement envoyé sur le front de l’Est (alors qu’il avait refusé un poste d’ambassadeur de la politique nazie en Alsace), le footballeur revient sain et sauf en 1944, avant de faire son retour sur les terrains près d’un an plus tard.

De nouveau sélectionné avec l’équipe de France, Heisserer marque alors un but historique, peu après son entrée en jeu. En effet, en égalisant contre les Anglais, il permet à sa sélection de ramener un match nul de Wembley ; un stade où la France n’avait, jusque là, connu que des défaites.

Un ultime coup d’éclat pour un homme qui a personnifié – sur et en dehors des terrains – la bravoure et l’esprit de résistance.

1 commentaire

1 commentaire

  1. Jeremy D

    15 janvier 2020 at 16 h 47 min

    J’ai compris pour Franz Jägerstätter, merci de ces renseignements sur ce martyr, exemplaire.
    Mais… qu’en est il du footballeur alsacien Oscar Heisserer ?

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