Histoire

Pourquoi le feu grégeois est un mystère ?

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Arme incendiaire redoutable, le feu grégeois a connu son heure de gloire du temps des guerres byzantines. La composition de cette mixture, encore tenue secrète, continue à intriguer de nombreux chimistes et historiens, toujours à la recherche des ingrédients qui faisaient de ce liquide inflammable une arme utilisable en mer.

Une mixture redoutable, à la composition chimique tenue secrète

Comme son nom le laisse supposer, le feu grégeois est un mélange aux propriétés incendiaires qui trouve son origine dans le monde gréco-byzantin du VIIe siècle (“grégeois” est un mot d’ancien français signifiant “grec”).

Son invention est attribuée à l’ingénieur Callinicus, originaire d’Héliopolis en Syrie byzantine.
Grâce au mélange d’éléments divers, celui-ci met au point une mixture inflammable, impossible à éteindre avec de l’eau.

Cette propriété chimique, très intéressante dans le cadre de batailles navales, fait immédiatement de l’arme un instrument très utilisé par la marine byzantine, laquelle réussit à repousser les nombreux sièges que subit Constantinople, en incendiant les flottes des adversaires successifs de l’empire (comme les Arabes et les Russes).

Ainsi, pendant près de sept siècles, le feu grégeois assure le rôle d’une arme providentielle qui maintient l’empire byzantin en vie.

Soucieux de ne pas se la faire subtiliser, l’empereur Constantin Porphyrogénète décide, par conséquent, de la ranger au rang des secrets militaires, au XIe siècle.

Afin de ne pas ébruiter la recette, la confection du feu grégeois est compartimentée en plusieurs tâches distinctes, faisant de l’arme un système à part entière.
En plus de la naphte, de la sciure et de la poix qui devaient probablement composer la mixture, des mécanismes divers (comme les siphons) sont également ajoutés à l’ensemble, pour déclencher et projeter les flammes sur les navires ennemis.

Chaque tâche est effectuée par un corps militaire distinct, afin qu’aucun d’entre eux ne détienne la totalité de la recette. De cette manière, les vols de matériel ne peuvent aboutir à une reconstitution de l’arme dans sa globalité.

Un mystère enfin résolu ?

L’empire byzantin disparaissant, la recette de la mixture finit par s’égarer. Fascinés par cette arme aux propriétés mystérieuses, de nombreux érudits mènent alors d’intenses recherches pour tenter de deviner les ingrédients qui composaient le mélange.

Tout d’abord, si la fumée que dégageait le feu grégeois laisse longtemps supposer que la mixture contenait possiblement du salpêtre, cette hypothèse n’est guère crédible sur le plan historique.

En effet, il n’existe nulle trace de l’usage de ce composé chimique avant le XIIIe siècle et l’apparence visqueuse que prend le feu grégeois dans les écrits ne correspond pas aux propriétés chimiques induites par l’introduction de salpêtre dans un tel mélange.

Finalement, à la naphte, à la sciure et aux résines, qui composaient probablement le substrat du feu grégeois, devait s’ajouter une quantité non négligeable de pétrole.

C’est en tout cas ce que pensent beaucoup d’historiens modernes qui voient dans la flottaison et l’inflammabilité de la mixture des indices allant dans ce sens.

Le secret, en tout cas, reste toujours bien gardé.

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