Histoire

A quoi servit le Mont Saint Michel au 15e siècle ?

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Monument désormais emblématique de la Normandie, le Mont-Saint-Michel n’a pas toujours été le site touristique que nous connaissons actuellement.
En plus de l’église abbatiale qui a fait sa renommée, cet îlot a également abrité une prison royale où étaient cloîtrés les prisonniers politiques du royaume de France.

Du cloître à la prison

Site exceptionnel, de par sa situation géographique, le Mont-Saint-Michel a, semble-t-il, été un lieu de pèlerinage chrétien depuis le IXe siècle.

Un sanctuaire construit en l’honneur de l’archange Saint Michel se trouve en effet sur l’îlot, depuis que l’évêque d’Avranches en a émis l’ordre, en 708.

Situé dans une baie du même nom, le Mont-Saint-Michel accueille, au fil des siècles, de nouveaux monuments. Ainsi, les ducs de Normandie décident-ils de construire une nouvelle église (Xe siècle), laquelle entraîne, en 966, l’installation à plein temps de moines bénédictins. Un siècle plus tard, c’est au tour de l’abbaye romane d’être érigée pour la première fois, avant d’être reconstruite deux siècles plus tard, suite à un incendie.

Le Mont-Saint-Michel est alors à l’apogée de son rayonnement dans le monde chrétien et des pèlerins affluent de toute part pour le visiter.

Néanmoins, au gré des événements, le Mont évolue petit à petit. Ainsi, pour faire face aux guerres, il se dote de remparts et, tandis qu’il doit résister aux tentatives d’invasions anglaises, durant la guerre de Cent Ans, le Mont-Saint-Michel finit par servir de prison d’État. En effet, dès 1472, Louis XI choisit l’îlot comme lieu de bannissement pour ses adversaires politiques.

Complètement isolé du continent, du fait de sa position, le Mont est un lieu idoine pour détenir des prisonniers.

Ainsi, au cours des siècles suivants, des pamphlétaires, des jansénistes et autres jeunes nobles récalcitrants sont enfermés dans cet endroit isolé du reste du monde, faisant du Mont-Saint-Michel la “Bastille des mers” (XVIIIe siècle).

La mutation touristique

Après la Révolution française, le Mont-Saint-Michel accueille des chouans et détenus politiques de droit commun, ce qui accroît grandement le nombre de prisonniers placés sur l’île.

Napoléon persiste dans cette voie en faisant du Mont un lieu pour les condamnés au bagne. De ce fait, en une dizaine d’années, des milliers de détenus se succèdent sur l’île pour y effectuer des travaux forcés.

Progressivement, néanmoins, des écrivains romantiques (tels Victor Hugo) s’insurgent contre cette politique, en défendant la beauté architecturale d’un site qui ne demandait qu’à être remis en valeur.

Leur souhait finit par être exaucé à la fin du XIXe siècle, lorsque le Mont-Saint-Michel est rattaché à la terre via une digue-route. Cet ajustement marque le début de sa nouvelle vie : celle d’un monument touristique.

Dès lors, l’îlot devient le lieu le plus visité de l’hexagone, dont la renommée retrouvée le conduit à être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco ,en 1972.

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