Histoire

Pourquoi Ching Shih a marqué l’histoire de la piraterie ?

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Quelques femmes se sont illustrées dans l’histoire (très masculine) de la piraterie. La Chinoise Ching Shih est probablement l’une des plus connues. En effet, cette femme pirate a littéralement terrorisé le mers de Chine au début du XIXe siècle ; au point d’inspirer encore régulièrement dans des œuvres de fictions diverses.

Alcôve et piraterie

Le parcours de Ching Shih n’a rien d’un long fleuve tranquille.

En effet, avant d’être une pirate redoutée de tous ses pairs, la Chinoise a d’abord été… une prostituée officiant dans un bordel flottant, stationné dans le port de Canton (ville où Ching Shih serait née en 1775).

Sa vie bascule, cependant, lorsqu’elle est capturée par les hommes du redoutable pirate Cheng I (également orthographié “Zheng Yi”).

Épris par la jeune demoiselle, le chef pirate la demande en mariage (1801) et fait d’elle son épouse.

Un légende raconte, toutefois, que la cantonaise exigea que son futur époux la laisse commander une de ses flottes, une fois qu’elle serait mariée (ce que Cheng I aurait accepté).

Cette décision n’avait rien d’anodin, puisque après la mort de Cheng (emporté par un typhon), Ching Shih (littéralement, “la veuve de Ching”) pris étonnamment le contrôle des opérations.

Cœur de pirate

Dès son entrée en fonction, la pirate cantonaise s’illustre par son calme et son tempérament calculateur.
Sur le plan relationnel, elle se remarie par exemple à Chang Pao – le fils adoptif de son défunt époux – et l’installe à la tête de sa flotte.

Par ces subtils jeux d’alliances, la pirate finit ainsi par commander une armada absolument gigantesque pour son époque.
En effet, in fine, ce sont plus de 1800 navires et 60 000 hommes qui lui obéissent (étalés sur un territoire maritime allant de la Malaisie à la Corée).

En plus d’imposer un commandement vertical (appuyé sur un véritable code de la piraterie), Ching Shih ordonne régulièrement le pillage de navires marchands ainsi que la mise à sac de villages rétifs à sa flotte (qu’on nomme alors “les drapeaux rouges”).

Lassée par une vie aussi éprouvante, Ching Shih finit cependant par rompre face au gouvernement chinois ; en acceptant de prendre sa retraite, vers la fin de sa vie.

Pouvant disposer de son large butin, elle revient ainsi à ses premières amours… en gérant une maison close.

Riche et respectée, elle rendra finalement l’âme en 1844, à l’âge de 69 ans.

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