Histoire

Qui est Mary Astell ?

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Penseuse éminente du XVIIe siècle, la théologienne anglaise Mary Astell est une des toutes premières figures du féminisme occidental. À une époque où l’assujettissement des femmes semblait garantie par le “droit naturel”, ses prises de position féministes ont, en effet, ouvert la voie vers une prise de conscience féminine face au caractère injuste de l’inégalité des sexes. Voici son histoire.

Née le 12 novembre 1666 au sein d’une famille de la classe moyenne de Newcastle upon Tyne – au nord du royaume d’Angleterre – Mary Errington Astell est la seule fille d’une fratrie de 3 enfants (toutefois, seul son frère cadet survivra à l’enfance).

Élevée par Peter Astell, un conservateur royaliste anglican aux convictions bien affirmées, la jeune Mary est fortement marquée par une ferveur religieuse qui instille chez elle un intérêt pour la théologie chrétienne.

De même, sa formation intellectuelle est considérablement nourrie par l’éducation théorique que lui dispense son oncle Ralph, un ancien pasteur passé par l’école philosophique de Cambridge.

Après la mort de son père (qu’elle perd alors qu’elle n’a que 12 ans), Mary se retrouve toutefois dans l’embarras, puisqu’elle doit déménager, en compagnie de sa mère et de son frère, pour vivre chez une de ses tantes.

En outre, dépourvue de dot, elle doit faire une croix sur un mariage avec une personne de son rang ; une situation qui ne s’arrange pas avec la mort de sa mère, en octobre 1684.

C’est en 1688 que Mary Astell s’installe à Londres, dans le quartier de Chelsea, pour essayer d’intégrer un cercle de femmes littéraires.

Sans aucune attache depuis la mort de sa tante, la jeune femme – alors dans sa vingtaine – s’illustre par sa bonne conversation et noue contact avec des femmes influentes comme Lady Mary Chudleigh, Elizabeth Thomas ou encore Judith Drake.

Financée par l’archevêque de Canterbury – William Sancroft – Mary Astell poursuit, en outre, ses études dans la capitale, tout en élaborant ses premiers écrits.

Ainsi, l’intellectuelle publie son premier ouvrage en 1694, sous le titre de “A Serious Proposal to the Ladies”(“Une Proposition Sérieuse pour les Dames”). Déjà très engagée sur le plan du féminisme, la jeune anglaise y martèle l’égalité entre les hommes et les femmes et préconise une meilleure éducation pour les demoiselles que la société cantonne, dès leur plus jeune âge, au rôle de mère au foyer.

En 1700, Mary Astell persiste dans cette voie en s’attaquant au “Traité du gouvernement civil” de John Locke. Intitulé “Some Reflections upon Marriage” (“Quelques Réflexions sur le Mariage”), l’ouvrage critique grandement la conception du droit naturel telle que définie par le philosophe anglais et met en perspective la position inférieure des femmes, en prenant pour prisme l’analyse historique de la domination masculine.

Désormais reconnue sur le plan intellectuel, la penseuse – aux 7 ouvrages majeurs – se retire de la vie publique en 1709, pour se consacrer à l’enseignement théologique, dans une école de charité pour filles de Chelsea.

Emportée par un cancer du sein, en 1731, elle devient finalement un modèle dans les cercles de réflexion féministes, au point d’influencer le mouvement des suffragettes qui surgira près de deux siècles plus tard.

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