Santé

Qu’est-ce que Décret 770 sur l’avortement ?

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En 1966, la dictature communiste de Nicolae Ceaucescu prend la décision d’interdire l’avortement et la contraception. Même si cette mesure a permis, dans un premier temps, un accroissement de la population, elle a eu, pour nombre de femmes et d’enfants roumains, des conséquences désastreuses.

Favoriser la croissance de la population

Dans le cadre d’une politique volontariste d’industrialisation et d’urbanisation, il était essentiel, pour le régime communiste de Ceaucescu, d’augmenter une population alors déclinante.

C’est dans ce cadre que fut pris, le 1er octobre 1966, le décret 770, interdisant l’avortement et la contraception. Il fut précédé d’une intense campagne de propagande, vantant le bonheur des familles nombreuses et la joie de femmes comblées par la maternité.

Dans le même temps, des mesures discriminatoires sont prises contre les personnes seules et les couples sans enfants. Faute de perdre leur emploi, les femmes doivent même subir des examens gynécologiques humiliants sur leur lieu de travail. En revanche, les mères fécondes voient leurs familles récompensées par des loyers réduits et des aides diverses.

Des conséquences dramatiques

Cette politique nataliste semble d’abord produire les résultats escomptés. Dès 1967, la fécondité double et la population s’accroît de façon considérable. Mais les chiffres donnés par le pouvoir ne correspondent pas à la réalité.

Surtout, la mortalité des femmes augmente dans des proportions alarmantes, inversant dès lors la tendance. Pour contourner les interdictions du décret 770, beaucoup d’entre elles cherchent en effet à avorter. Faute de moyens, de très nombreuses femmes ont recours à des personnes qui n’ont ni les compétences ni le matériel requis pour pratiquer de telles interventions.

Réalisés dans des conditions aussi aléatoires, ces avortements clandestins provoquent, entre 1966 et 1989, le décès de plus de 10.000 femmes. Et encore ce chiffre est-il probablement bien en-deçà de la réalité.

À ces décès s’ajoute une hausse inquiétante du taux de mortalité infantile. Une autre conséquence dramatique de cette politique nataliste est l’abandon de très nombreux enfants.

Non désirés, 170.000 enfants sont confiés à des orphelinats sordides et mal équipés. Le monde consterné découvre alors les conditions de vie indignes dans lesquelles croupissaient des enfants chétifs et souvent maltraités.

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