Histoire

Quelle est l’affaire des démons de Loudun ?

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Véritable affaire d’État de la France du XVIIe siècle, l’histoire des possédées de Loudun est une chasse aux sorcières menée par le cardinal de Richelieu dans les années 1630. Emblématique d’une grande vague de possession démoniaque, l’affaire s’inscrit dans le contexte plus large de la reconquête de la société française par l’Église catholique romaine, avec pour fer de lance la Contre-Réforme.

C’est le 21 septembre 1632 que cette affaire éclate au grand jour. Elle implique plusieurs religieuses du couvent des Ursulines de Loudun (un établissement lié à l’ordre religieux catholique de Sainte-Ursule), lesquelles semblent être possédées par le diable, car souffrant de graves convulsions. Dans leur délire, elles témoignent, en outre, d’avoir entendu la voix de leur défunt confesseur, le prieur Moussault.

Les événements insolites se multiplient lors des nuits qui suivent, avec notamment des religieuses qui cessent de s’alimenter et qui grimpent aux arbres après s’être dénudées.

Les soupçons de possession démoniaque se répandent alors dans l’encadrement du couvent, et ce d’autant plus que les religieuses prétendent avoir distingué un spectre au cours de la nuit du 7 octobre.

Selon leurs témoignages, celui-ci aurait pris l’apparence d’Urbain Grandier (le curé de la ville, connu pour sa tolérance envers les protestants) lequel avait écrit un pamphlet contre la politique anti-huguenote du cardinal de Richelieu.

Ainsi, le curé est rapidement accusé d’avoir ensorcelé les religieuses à des fins obscènes, séductrices et concupiscentes.

L’affaire s’accompagne rapidement d’une série d’exorcismes appliqués aux sœurs atteintes de démence. De même, on les examine en cherchant sur leur peau la marque du diable.

Les recherches s’avèrent infructueuses mais débouchent tout de même sur la condamnation expéditive d’Urbain Grandier, au cours d’un procès en sorcellerie ordonné par Jean Martin de Laubardemont (un parent de la mère du couvent, nommée Jeanne des Anges).

En guise de sentence, le prêtre est condamné à mort, torturé et brûlé vif en 1634. Malgré tout, les crises de possession se poursuivent après son exécution et ne prennent fin qu’en 1637.

En plus d’avoir permis l’élimination d’un opposant farouche à la politique anti-huguenote du pouvoir central, l’affaire a engendré la conversion de nombreux protestants locaux (la ville de Loudun étant à l’époque un des principaux fiefs des chrétiens réformés).

Les Ursulines ont quant à elle été suspectées d’avoir simulé la démence, pour toucher la pension de dédommagement que le roi octroyait aux communautés religieuses qui étaient reconnues comme étant possédées.

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