Culture Générale

Pourquoi dit-on “en son for intérieur” et “mettre à l’index” ?

for interieur

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La première expression, “en son for intérieur” est apparue au 17e siècle, mais son origine est bien plus ancienne.

Commençons par souligner que “for” ne s’écrit pas avec un “t” final mais f o r, simplement. Donc aucun rapport avec les forteresses. Alors je vous le disais son origine est très ancienne, elle remonte à l’Antiquité romaine. Le mot “for” vient du latin “forum”, un mot qui était utilisé pour désigner le marché, la place publique ou encore la juridiction. Dans tous les cas, un endroit où des assemblées de personnes se tenaient et où les affaires de la cité étaient discutées et réglées par le peuple.

Par opposition à ces “for” qui se déroulaient en extérieur, et donc à l’extérieur de soi également, le « for intérieur » a désigné l’endroit où se règlaient les questions intimes, relatives à la vie de chacun. Dans son for intérieur nul juge extérieur. Y règne en maitre notre propre conscience qui, dans le secretde la pensée, évalue les actes et décide des comportements à adopter.

C’est pour cela que l’on a également utilisé l’expression “for de la conscience” ou “le tribunal intime de la conscience”, chacun jugeant en secret ses actes selon ce que lui dicte sa conscience.

Ensuite, seconde expression, “mettre à l’index”. Elle signifie rejeter quelqu’un ou quelque chose, le mettre à distance, de coté, l’isoler. On peut ainsi par exemple mettre à l’index un individu en raison de son comportement.

Pour saisir l’origine de cette formule, il suffit d’examiner son sens littéral, c’est à dire être mis, placer dans un index. Mais me direz-vous, de quel index s’agit-il ? Ici, rien à voir avec le doigt. Il s’agit de l’ « Index librorum prohibitorum », l’index ou la liste si vous préférez des livres prohibés, interdits, établie par l’église catholique.

La toute première version de cet index fut établie sous le Pape Paul IV, en 1557. Un comité nommé Congrégation de l’Index, fut crée en 1571, dont la tache était de déterminer les titres qui devaient être mis à l’index. Un procès pouvait avoir lieu durant lequel l’auteur pouvait se défendre. La possibilité lui était parfois offerte de modifier son travail pour échapper au bannissement.

Au fil du temps l’index a contenu de plus en plus d’ouvrages au gré des nouvelles publications, toutes celles dont l’Eglise ne souhaitait pas promouvoir, c’est un euphémisme, la lecture.

Parmi les très nombreux livres concernées par l’interdiction, donc mis à l’index au sens propre, figurent ceux abordant des thématiques spécifiques comme les pratiques occultes ou d’hérésie et de manière générale tous les ouvrages au contenu pouvant mettre en danger la foi catholique.

Cet index fut aboli en 1966.

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